Carnet de bord du convoyage retour de NERE Accueil | Qui suis-je ? | Album photos | Archives | Amis
NERE est un des bateaux concurrents de la course Transatlantique "la Transquadra" qui s'est terminée en Février 2006 en Martinique. Ce blog est le journal de bord de l'équipage qui ramène le bateau vers l'Europe. Il est destiné à la famille et aux amis pour suivre régulièrement la position du bateau et le moral de l'équipage. Les information qui s'y trouvent proviennent d'email envoyés régulièrement par téléphone satellite. Le blog sera actif de fin Mars à Juin 2006. Vous pouvez laisser un message d'encouragement ou un commentaire en utilisant le bouton "ajouter un commentaire" en bas de page.

31 - C'est fini pour nous mais pas pour NERE 4/06/2006

Voila , c'est fini pour nous !

Nous sommes rentrés tous les deux en France samedi 3 juin . Curieusement même après 48h , c'est la terre qui semble bouger, comme une réminiscence des mouvements permanents du bateau pendant ces 5 semaines.

 

Nous avons laissé NERE aux bons soins de ses propriétaires Daniel et Maria  dans la marina de Ponta Delgada juste après un fort coup de vent qui nous a fait croire un moment que nous étions encore en mer alors que nous étions solidement attaché au ponton.

 

Fort clapot dans le port, 55 noeuds mesurés à la pointe nord de Sao Miguel, des bateaux arrivant au port avec des voiles déchirées ! riche idée d'être arrivé un peu en avance au rendez-vous.

 

NERE est pour quelques jours amarré à coté d'un compatriote basque "MAKILA" de Bayonne avec un équipage de Bilbao. Le monde est petit ... peut être vont ils faire route de retour ensemble vers Hendaye ?

 

Je reste en contact mail avec NERE jusqu'à son arrivée a bon port. Pas si facile de le lacher comme cela ....

 

Lors de la navigation vers Ponta Delgada nous avons enfin pu voir une baleine de près. Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer la photo en guise de point final.

 

 

 

Merci a tous qui avez consulté le site et pour certains réagi en direct.

Merci aussi a Geneviève et Gwenola qui l'on mis a jour tout au long de ce mois mai.

 

A bientot

Philippe

 


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30- Nouveau sur le blog ... les photos de la traversée30/05/2006

Bonjour,

 

Grâce à la générosité numérique du port de Angra de Heroismo (rien que le nom vous fait voyager) nous avons pu mettre en lignes quelques photos de la traversée. Elles sont accessibles par le lien "Les Photos" en bas de page.

 

A bientôt

Philippe


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29- Tiercera au petit matin29/05/2006

Arrivée a Tiercera au petit matin.

 

Autoritées du port super acceuillantes (c'est agréable après une nuit en mer). Marina calme, installations neuves, wifi gratuit,  située au coeur de la vielle ville. Ne le dites à personne c'est une escale de rêve.  Différente de Horta mais bien aussi.

 

 

Visite de la ville à pied. On retrouve deux bateaux de la transquadra qui font ici leur dernier plein de gasoil avant de partir pour la France (volutique et bali). Ils sont partout ! Adieu, à un de ces jours en Bretagne. Petites courses de produits frais.

 

Voilà pour aujourd'hui, je vais profiter de la connection wifi pour mettre des photos en lignes. Il faut que je regarde comment faire un album sur le blog. On reste ici deux jours, mais pour sûr ça donne envie de revenir! Yves a déja prévenu son co-propriétaire (cet été ?)

 

A bientôt

Philippe


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28- Bonne fête Maman!28/05/2006

Bonsoir,

Après quelques jours de pause à Horta, la vie en mer reprend.
Normalement c'est maintenant les vacances. Le trajet de la semaine (150 milles jusqu'à Ponta Delgada) correspond à ce que l'on faisait par 24h durant la traversée. Alors cool, l'étape d'aujourd'hui faisait à peine 40 milles: de Horta (Fail) jusqu'au milieu de San-Jorge. L e vent en a décidé autrement. D'abord la route se fait contre le vent qui soufle à 25 nd dans le canal entre Pico et San-Jorge. Et puis les deux ports qui existent sur cette face de San-Jorge sont impraticables quand le vent souffle dans cette direction.
Retrospective:
10h30: on quitte Horta avec un pincement au coeur au son de la cornemuse. Les officiers de douanes et les gens du bureau du port (super acceuillants) mais aussi beaucoup d'équipages  applaudissent la musique et nous font des signes d'au-revoir. Ici tout le monde sait bien
que les bateaux qui quittent le port partent loin. J'ai rarement quitté un port dans cette ambiance. Pour la plupart nous avons échangé avec ceux qui nous font signe durant ces trois derniers jours au bar de chez Peter dans toutes langues européennes mélangées dans une ambiance de San-Fermin à Pampelune. Hier soir c'étaient les cadets du Capitan-Miramar
de la marine Uruguayenne qui faisaient l'animation type percussions brésiliennes. Vendredi dernier c'était Yves avec la cornemuse.
Dans la journée, la visite des sites volcaniques de l'ile et des petites criques nous a enchantéeCe n'est qu'un au revoir dernier morceau joué par Yves sonne exactement dans le ton. A bientot Horta ...
14h: Devant le port de Vela (San-Jorge) qui parait bien peu abrité du vent de Sud-Est on décide de continuer.
18h30: on se présente dans le minuscule port de Calheta à 12 milles de Vela. C'est grand comme le port vieux à Biarritz (ou Doelan pour ceux dont le référentiel est au dela du 47° de latitude). Malgré un mole impressionnant de 10m de haut, ça bouge dans tous les sens. Même pas la peine de tenter un mouillage de nuit ici, d'ailleurs il y a zero bateau  dans le port. Alors on fait coucou aux pêcheurs à la ligne et on retourne en mer.
On ne fera donc pas escale à San-Jorge, dommage en longeant toute la journée l'ile nous avons pu admirer ses hautes falaises volcaniques (400 m ?). Les sommets des multiples volcans culminent à + de 1000 m, les petites maisons, réparties sur les flancs font des taches blanches. Très dépaysant.
De l'autre coté du canal la vue sur Pico avec son volcan qui pointe à plus de 2000m est magnifique. C'est la Rhune en 3 fois plus haut.
D'ailleurs, il est toujours dans les nuages Pico! sauf de temps en temps le soir.
Donc pas d'escale à San-jorge, tant pis. Direction Terciera, l'escale suivante. On n' y sera que demain matin car il y a 50 milles. On est si bien en mer , la nuit ....
On vous donne des nouvelles une fois arrivés.
A demain
Philippe


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27- La familia26/05/2006

Encore un petit dernier : Cà y est , on est arrivés à Horta à 10H00 ce
matin 25 mai :
Comme les chefs d'orchestre présentent leur solistes, les chanteurs leurs musiciens, les  oscarisés leur " équipe ", le pape ses sous-papes
( 16 ), le fifre ses sous-fifre,  le Voile ses voiliers ; l'équipage de Nere, à l'honneur et l'avantage de vous présenter  les éléments les plus représentatifs de l'armement du fier bateau de Daniel G. qui termine tranquillement une traversée de 2675 milles, au départ du Marin en
Martinique à destination des Iles aux géraniums, en Portugais, lesAçores.
Nous avons rencontré en tête à tête Panneau de Descente,  arrivé à bord sur un coup de tête, je ne vous le présente plus. Nous devions rencontrer par le même média Madame de la Bôme qui nous aurait sûrement parlé de son mari Monsieur du Grand mât . Pour des raisons de grève du personnel de mise en octets, la diffusion n'a pu avoir lieu. Rapidement :  mariés sous le régime de la communauté par un acte dressé par l'étude de notaires associés Haubans et Pataras, les époux Du grand mât de la Bôme connaissent une vie sexuelle particulièrement épanouie,  monsieur est réputé pour son vis de mulet ! , et madame rêve de bordure libre !
Ils supportent leurs enfants : Mademoiselle de la grand-Voile, Monsieur le Foc son cadet, et les très espiègles jumeaux Spiléger et Spilourd .
Leur plaisanterie préférée : " eh Foc !, ta mère ! " . Leurs précepteurs sont le très rigide Monsieur Tangon, corseté dans son hale-haut coordonné avec son hale-bas . Viennent les très attentives Demoiselles Ecoutes qui leur donnent le bras. Que voilà de jolies poulies coupées pense Monsieur du Grand Mât en regrettant de ne pouvoir sortir de son
emplanture. Monsieur Tangon n'est pas marrant, plus d'un s'y sont cassés les dents, mais Madame n'est pas facile non plus, elle brasse de l'air, et cleptomane avec çà, une faucheuse que je vous dis , et de la pire espèce. Et tout là-haut, régnant ce petit monde, la féée Girouette, un peu folette, mène sa vie au gré des vents qu'elle suit et montre de sa
flèche , c'est une orientable avec tout son mystère, la tête sertie de son diadème brillant des feux de l'amour : Tribord ou Babord, ou la Poupe, qui choisira-t-elle ?
Vous ai-je présenté les inséparables frères Franche de la Barre,
toujours  de mèche avec les très épicées Pelles de Safran ? Ceux-là mes amis, n'ont ni foi ni loi, ils iraient n'importe où, pour peu qu'il y ait de l'eau de mer à boire, des milles à avaler, des vagues à dévaler, des vallées liquides à cavaler, des montagnes d'eau à grimper, de
l'écume à écumer, le nez dans la plume, le vent dans les voiles, l'ivresse et le bon grince. Oui, le safran tribord grince, j'y peux rien.  Ils ont vendus leurs âme à Gyro, tel Charon guidant sa barque et ses funèbres pompes en croco , sur le ballon d'eau chaude du Styx .
Enfin, je  crois. Gyro , âpre au gain , toujours à la mode , enter, enter, faites comme chez vous, je vous allume Lamp1, Lamp2, 3 , 4 ?
Gyro, t'es pas cap, regarde toi, çà t'a tourné la tête,  tu as le vent tripotant, tu pars tous azimut, et tu consommes trop Gyro, t'es à l'ouest, tout çà finira mal ! et pourtant Gyro, quel tempérament,
quelles capacités : de 0 à 360° comme qui rigole, de la famille dans le Nord, des copains dans l'Ouest, du boulot dans l'Est, des vacances au Sud. Tu tenais le bateau dans le creux de ta main, quel gâchis. Prend exemple sur tes voisins : Compas à tribord, et Pascom, à Bâbord :
toujours d'accords, que voulez-vous, ils s'aimantent ! Et en plus ils ont dans leur cave un petit Nordet à 75°, un régal !  Des amis éclairés! la nuit bien sûr.
Et Wawah ?, Mais oui-oui ! :  Wawah !, étrange faciès pâle, le front brillant nimbé d'une moiteur étrange,  fixe de son oil unique  le visiteur avec un bon regard humide.  Wawah le taciturne, le  confident.
Une tombe Wawah, vous êtes en transit ? confiez vous à lui, il avalerait n'importe quoi, enfin presque. Il  parle que très difficilement de son premier emploi chez Rodin, avec l'autre là, le penseur, qu'il l'appelle . Tout d'un bloc le Wawah :  patient , impavide, solide, solitaire, il
s'occupe en abattant double travail. Wawah à ses entrées dans la célèbre boîte " la coke ",  et toujours le bon tuyau si vous sortez. Il faut juste être dans ses petits papiers, en odeur de sainteté quoi !  Santé fragile hélas, coups de pompe à répétition.
Sinon il y a la famille Winches et Taquets. Des militaires, le service des Voiles, le sens de la mission. Les winches commandent à coup de manivelles , les taquets obéissent. Petit matin, alignement par 5 sur le roof de la caserne, les taquets attendent les ordres : garde-à-vous !
CLAC...clic, Repos ! CLOC..clic
Ouvrez : CLAC..clic, Fermez : CLAC ...clic. Qu'est-ce qui m'as foutu une sacré bande de taquets pareils ! J'ai dit tous ensemble, attention,
Taquet d'enrouleur de foc, je vous ai à l'oil !Qui c'est qui fait clic !
tout seul ! z'êtes en retard mon gaillard . A mon commandement , garde à vous ! CLAAC !, c'est mieux . Repos, revue de coinceur, ouvrez les manigoinces, chapounez les clavettes, fourrez les bitaroutes. Ce soir, permission pour les taquets de Spi. Taquets de grand-voile et de foc : de garde cette nuit. Les taquets Hale-haut, et hale-bas , perception du
WD 40 à 16Heures  au magasin principal. Et les taquets , in petto : la quille bordel !
Je termine avec un être discret, qui s'exprime peu, mais que tout le monde écoute dès qu'il parle. Pas fort, il ne parle pas fort, il n'a pas besoin de parler fort, car son message est universel, et toi aussi un jour tu l'entendras, et tu verras que tu l'écouteras quand il te
glisseras dans le tuyau de l'oreille :
 je m'appelle Mer-veille, tu ne me connais pas mais écoute mon message universel : si tu ne bouges pas tes fesses, y'a un cargo qui va te passer dessus dans 5 minutes. Et tout deviendra clair soudain pour toi comme pour tous les autres avant toi et les autres zautres et même ceux
qui ne sont pas pareils car il est universellement connu qu'un cargo, c'est gros.
Voilà, voilà, je ne vous ai pas présenté cockpit, je n'avais pas la place pour cette grande figure, j'aurais pu vous faire lire la vie du  rail d'écoute, intégrer les filières du balcon avant ou de la plage arrière, encaisser les coups dans le match épique entre les varangues et la mer. La mer : tient prend çà dans ta coque !, coup bas !, coup bas ! crie la varangue. L'arbritre intervient : 45° du vent, pas moins, sinon c'est le carton ! Sont passés aussi l'Amiral d  l'Ancre, empennelé dans son mouillage avec son davier amovible.
Nous n'avons pas pu rencontrer les De la salle de bains, ni les Lavabi, non plus que les ultras conservateurs Frigi de Congelo et leur fils Fréon . Seule la famille Trigano nous a saluée d'un "  cécoicomrécho ?
", j'ai répondu, " çà gaze, çà gaze ", au hasard.
Hein, çà en fait du monde quand même ! Salut, merci Daniel , Philippe,
et merci Nere

                                Ygrecdé.

 

                    __________________________________________

 

 

Aujourd'hui, au programme grand nettoyage du bateau et surtout des hommes

Déjà,ils ont les pieds engourdis à terre et ils envisagent sérieusement de reprendre la mer pour faire le tour des îles où il y a beaux volcans.Avant ils ont achetés du pain tout frais,c'est pas grand chose mais cela leur a manqué!

 

 


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27- Bière fraîche en vue25/05/2006

Des nouvelles des matelots : ils étaient à 11 h 30 à 4 milles du port. J'ai pu parler à Philippe.

Ils doivent faire diverses formalités administratives obligatoires.

Je pense qu'après 20 jours de mer, ils vont tanguer à terre.

ILs sont très contents de leur périple et ont apprécié votre soutien.

A bientôt pour d'autres nouvelles     Geneviève


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26- Tchou-tchou25/05/2006

Terre, Terre!              


Nous voilà qu'on arrive avec notre locomotive.
Tiens tiens, nous voilà qui vient ?
Amis du vent, de la mer et des bateaux : bonsoir. Dernier journal en direct de Néré. Philippe m'a laissé la main pour ce soir : il joue du banjo, il répète pour l'entrée à Horta, prévue à 5 h 00 ce matin. De mon côté ma cornemuse est prête, nous avons l'intention de faire un tour
d'honneur en arrivant, pour signaler notre arrivée. Les TyGwenn et autres Queen Mary de la Transquadra vont devoir supporter le bourdonnement du petit Néré qui arrive à fond la caisse : dormez bien, vous n'aurez pas besoin de réveil.
Bon , en fait vous vous en tirez bien, mes gaillards, on vient d'amener le spi lourd parce qu'on ne faisait plus le cap. Du coup l'ETA est passée à 11 h 13 et çà peut encore changer. C'était un vrai crève-coeur d'amener le spi lourd qui avait remplacé au début de l'après-midi le spi léger en place depuis plus de 48 h 00. Il fait maintenant grand beau temps après des successions de passages nuageux hier et pendant la nuit. On en arrivait à oublier qu'on était sous spi. Néré tient son spi impertubablement et son allure est beaucoup plus confortable avec que sans. Exit le spi, c'est pour la bonne cause : on est presque arrivés.
Comme d'autres on prend des repères connus : 100 milles, c'est une traversée Scilly / Aber Ildut, ou bien un petit la Piriac/ Sein, c'est un peu court pour un Scilly / Irlande. Des chiffres , oui des chiffres :
38°25 N / 30°33 W  à 19/24 TU. Sur nos 60 l d'eau "de service", il en reste 30. C'est pour ça qu'on dit que ça sent l'écurie. D'ailleurs Daniel, pense à prendre des balles de litière, la notre commence à défraîchir. On a consommé : 30 litres de gasoil, et 0 tour d'hélice.
Tout à la main, farpaitement. Les lyophilisés sont intacts. Non je blague, ce n'est pas mauvais, c'est l'odeur qui est particulière. On a pris 2 apéros, c'est vous dire si on en prend. Personnellement c'est très salutaire ce petit voyage au désert aquatique. On a goûté à la
toilette sous les grains : bien coordonner début de grain et savonnage, fin de grain et rinçage. attention à ne pas glisser.

Par précautions on avait pris des barres de céréales pour les longs quarts de nuit : il en reste plein. On avait pris à titre d'essai des bonbons "pluchimic tumeur". Y'en a plus. Penser à rappeler la raffinerie de Donges pour commander. On verra le débriefing plus tard.
Quelles sont nos intentions maintenant : Horta quelques jours, nous prévoyons d'être à Punta Delgada le jeudi soir pour faire le méga nettoyage de printemps le vendredi, et tailler la route le samedi.
Nous allons voir si ça vaut le coup de passer entre-temps par les autres îles : Pico, Sao Jorge. Ca dépendra du vent.
Donc voilà, la traversée s'achève : dernière nuit en mer et demain à nous les douaniers, la police, l'immigration, la sécurité sociale maritime des îles, la taxe de séjour, la lessive, la douche, et après les plaisirs sensuels de la terre, ses moins de 80 % d'humidité, sa surprenante stabilité, de la place, de la place, des produits frais, des gens, des maisons, des voitures, des odeurs. Tout ça, rien que pour nous ?
89 milles qu'y dit le GPS, ça n'arrête pas de changer, ça déménage hein !


A bord du BGV Néré, c'était notre dernier journal avant Horta. Demain, ce sera du journal d'escale !
Bonsoir à tous.


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25- Effets secondaires de la réglisse24/05/2006

Mardi 23 au soir


Bonsoir,

Fin de journée bien ensoleillée malgré petit matin gris. Temp 26 °C dans la cabine cet après-midi, nous vla revenu en Martinique.
Mer clapoteuse, vent variable en direction et en force. Pas plus de 15 nd dans les rafales quand même (faudrait pas arriver trop vite !). On a commandé du vent mais on ne devrait pas être livré avant demain matin 5 h (c'est comme Sud-Ouest et le lait frais).
Aujourd'hui lecture, musique, repos. Reportage photo sur les méduses à voiles. Dauphins plusieurs fois dans journée, jamais longtemps. On les entend quand on est assis dans la cabine (miin - miin - gniii). L'eau est très transparente on peut les voir nager autour du bateau.
Anecdote du jour : j'ai ramassé une grosse bouée rose toute neuve (70 cm de haut, 40 cm de diamètre) qui trainaît toute seule en pleine mer. Le mètre de corde resté accroché était recouvert de pousse-pied (on les appelle "opern" au pays basque).
Ca fera une magnifique bouée de mouillage pour le Surprise à Saint-Philibert, si Daniel veut bien me la ramener jusqu'à Hendaye (par ce que dans l'avion il faudrait que je prenne une place de plus pour elle). Remarque , comme défense dans les petits ports du pays basque
(ex: Guetaria) où il n'y a que des quais pour bateaux de pêche ça peut être utile aussi.
Pas croisé un seul bateau aujourd'hui. A se demander si on approche bien des Açores.

Position à 20 h : 38°05N 33°38W à 238 nm de Horta. Vitesse 3,5 nd sous spi ,à ce train là on arrive vendredi 25. On a fait 110 milles depuis 24 h ,c'est pas nul mais on a vu mieux.
D'après les messages reçus l'écart avec les autres bateaux reste constant. Tygwen devrait arriver demain normalement. On commence à potasser le guide des îles des Açores (où manger ?) et à avoir envie d'arriver. Plus que deux jours...
Bonne nuit à tous et à demain.
Bises à Biarritz, à Achères et puis aussi à Saint-Nazaire.
Philippe

 


Le 24 au matin

___________

 

Bonjour,

Bon, 160 milles de l'arrivée ça commence à approcher.
Si le vent nous laisse pas tomber il nous faut environ 24 h pour parcourir cette distance.

 


-Monsieur le spi dit "le grand-bleu", il falloir encore rester 24 h la-haut ! ça ira, tu fatigues pas?
-non-non, tant que mon équipe de bras-cassés "drisse-bras-écoute" tient le coup. Moi, J'suis gonflé à bloc! Je m'arrange avec le pilote pour pas me fatiguer mais tu les connais les autres là "les cordes". Tiens c'est comme en musique, c'est sensiblerie et compagnie, jamais accordées comme y faut! Un petit frottement et y a plus personne. "oh j'suis usée jusqu'à l'os". Chochote va ! Nous "les vents", c'est autre chose! on a du coffre.
-Bon OK, écoute, j'ai cru voir sur les fichiers de vent que ça risquait de devenir un peu serré pour toi sur la fin, alors on va bien voir tu seras peut-être libéré dès la mi-journée.
-Ah ouais, d'accord, j'serai pas fâché de retrouver mon copain "ptit jaune" dans la soute. Mais enfin si ça porte tu peux compter sur moi jusqu'a 85° du vent apparent.
-D'accord grand-bleu mais si ça monte à 15 nd je te vire.
-Ouais ben, j'aimerai bien les voir tes 15 nd parce que pour l'instant hein, c'est plutot 8 que 15 ....


Bon voilà, les voiles ça à l'air d'aller... toujours un peu "yo soy" le grand-bleu mais sans lui qu'est ce qu'on ferait au vent arrière ? sur la traversée là, on aurait mis au moins 3 jours de plus.
Le moteur, y balisait un peu en voyant son réservoir se vider. "Je le sens je vais me désamorcer" qu'y disait, "surtout que ça gite". Alors on lui a mis les 25 litres de gasoil qu'on avait en réserve. Le matin après le ptit déj, rien de tel que le transfert d'un jerrican de gasoil dans réservoir pour se mettre en train.


Nous ça va bien. Les 3 d'Ann&Seb disaient hier soir qu'ils avaient dépensé plus de 200 l d'eau douce. Nous, on en est à 1 bidon 1/2 soit environ 30 l et il nous en reste autant. On peut encore faire deux semaines.
Tygwen ne doit pas être loin d'être arrivé à Horta. Il avait 150 milles d'avance. Pour Ann&Seb et Etienne ça risque d'être ce soir. Je crois qu'Exhib'x est avec eux aussi. Et pour nous ce sera demain matin.
Aucun bateau en vue, c'est toujours le désert d'eau.
Hier soir et cette nuit c'était le festival des dauphins. Jamais longtemps, mais souvent. Quand ils s'en vont il y en toujours un qui reste traîner un peu, tout seul avant de rejoindre les autres.
Bonne journée à tous.
Bises                Philippe


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24- Vivent les 50 heures!23/05/2006

Plus que 50 heures pour arriver à bon port

 

Lundi 22 au soir


Bonsoir,

On est un peu tard parce qu'on a été à la plage.
Cet après-midi il s'est décidé à faire un peu de soleil, alors on en a profité pour faire sécher les affaires, se laver, prendre un shampoing et se sécher au soleil sur la plate-forme arrière (enfin, là où normalement il y a les barres et les pieds du skipper). En fait sous pilote on lève les barres franches et le cockpit devient un grand espace style terrasse-bain de soleil avec piscine qui clapote à portée de main.
Daniel, il faudra penser à y mettre une table et des chaises de jardin ainsi qu'un parasol et un barbecue. Pour les bacs à fleurs c'est vrai que ça alourdit, et puis il faut les arroser ....
Question vent c'est mou mais ça porte quand même. On garde une petite moyenne de 5 nd sous grand spi.
Pas d'anecdote particulière aujourd'hui. On a affalé le spi par précaution quand on a vu arriver vers 19 h un nuage style "embata" (c'est un phénomène d'entrée maritime classique au Pays basque), il se déplaçait très rapidement en altitude laissant prévoir un coup de vent violent et puis ... presque rien, tout au plus 15 à 17 nd de vent. Pas de quoi faire un sortie de route. On a donc mangé tranquille puis renvoyé le pépin qui va encore nous faire la nuit.
Quelques coups de klaxon du mer-veille sur le coup de 20 h mais pas moyen de voir le propriétaire du radar détecté malgré une visibilité pas trop réduite.
Des chiffres : position à 21 h UTC 37°18N 35°48W à 347 nm de Horta. 150 milles parcourus hier, on maintient une moyenne potable malgré le vent qui faiblit. Le GPS nous calcule une arrivée dans 50 h mais comme ça dépend de la vitesse instantanée ça ne veut pas dire grand chose. Je me méfie des vents faibles à l'arrivée et prévois une arrivée à Horta le 24 ou le 25.

Réserves : le gasoil plus qu'un quart de réservoir. Avec le pilote sur un gain élévé pendant plusieurs jours il a fallu recharger plus souvent les batteries. Ces dernières commencent aussi peut être à fatiguer ! Eau et nourriture, ça va il y a de la marge !
Nos amis de Tygwen qui ont 100 à 150 nm d'avance sur nous y seront un jour avant nous. Ann&seb et Etienne seront sans doute aussi quelques heures avant nous d'après les positions reçues. Gardez-nous une place à côté de vous au port !
Nuit calme en perspective. Soirée de lecture au coin du feu.
Bonne nuit à tous.
Bises
Philippe


 

Mardi 23 le midi

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Bonjour,

Péniblement à 8 h ce matin on passe la barre des 300 milles.
Ce n'est pas l'euphorie, le vent s'est joué de nous toute la nuit nous entraînant dans des séries d'empannages et de zig-zag sur la route directe. L'option Nord qui se dessinait depuis plusieurs jours prend corps par obligation, impossible de faire de la ligne droite plein vent
arrière. Par petit temps il faut bien aller chercher le vent  là où il est (plus exactement là où il VA ETRE). Cela va nécessiter un détour qui est de toute facon indispensable vu l'orientation et la force du vent.
Je vois que vous n'avez pas compris alors je re-explique : en route directe on est au vent arrière, avec la mer qui est encore fomée et le vent faible, ça bouge dans tous les sens, les voiles se dégonflent, claquent, s'abîment et en plus ça n'avance pas. En prenant un peu d'angle
par rapport à la route, on stabilise les voiles et on va plus vite.
Comme il faut bien choisir un côté, on se dirige là où les fichiers de vents nous donnent les vents les plus forts. Ca rallonge la route mais au final on arrive avant et moins énervé.
Yves récupère de son quart précédent. Il parle en dormant et m'interpèle en me demandant un truc qui n'a ni queue ni tête (ça parle du rideau de la cabine et de l'avion du retour !!?). Il a dû forcer un peu sur les bonbons au reglisse qu'on vient de retrouver.
Voilà, on s'achemine lentement vers Horta qu'on atteindra le 25 au matin selon les prévisions actuelles. Reçues des nouvelles des autre bateaux, c'est marrant comme leurs récits concordent avec les nôtres, on est bien dans la même zone. Comme on écrit en général avant de faire la connection iridium, on reçoit en envoyant nos nouvelles du jour un mail des autres qui décrit sensiblement la même chose avec d'autre mots.
Position à 9 h UTC : 37°41N 34°49W à 295 milles d'Horta. Vent de 5 à 10 nd,
vitesse 5 nd, cap au 54.
NERE ne veut plus quitter son spi bleu. Il dit que c'est son béret. Ah ces Basques !
J'espère que vous allez tous bien.
Bises
Philippe


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23- Ciel ! c'est mon mari !22/05/2006

Bonsoir,

20 h Dimanche soir, nous venons de passer la barre de 500 milles restants à parcourir jusqu'à Horta. 1015 hectopascal, temps à grain sans visibilité. Nous sommes en plein dedans. Seul avantage il y a du vent et il est portant. Nous avons fait des surfs fulgurants (13 nd) ce matin
sous les grains mais vers 14 h nous avons dû affaler le grand spi en catastrophe au moment du passage d'un front avec montée soudaine du vent à 30 nd. Depuis nous sommes sous génois tangonné en ciseaux et GV haute et marchons à une moyenne variable entre 6 et 8 nd dans une mer grosse.
En régate on aurait envoyé le spi lourd derrière le grain mais là on va se calmer un peu. Les écoutes et bras de spi n'en peuvent plus. Il va falloir les raccourcir elle aussi comme les drisses. Malgré les gaine de protection mises par Daniel et les boules de frottement elle sont usées jusqu'à l'os au niveau du tangon. 48 h de spi avec grosse mer ça use. La drisse elle a bien tenu le coup après la réparation d'hier.
Nous avons retiré un gros cordage ainsi qu'un enorme amalgame de morceaux de bout en tout genre accroché depuis plusieurs heures à la quille. Impossible à retirer avec la vitesse, puis tout d'un coup cela s'est déplacé et nous avons pu l'attraper. Depuis le départ c'est deux ou trois fois déja que l'on a dû retirer des cochonneries coincées dans les safrans (algues, sac plastique, bout de cordages)
Aujoud'hui ambiance "voyage intérieur" plus que de franche rigolade. Dehors à part veiller les hypothétiques autres bateaux il n'y a rien à voir sauf des dunes de mer à perte de vue. Beaux morceaux de vague quand même, ça vaut le détour.
Le panneau (dD) doit rester fermé car au vent arrière la pluie entre à l'intérieur. Alors on bouquine en se faisant secouer et on jette un oeil dehors tous les quarts d'heure. Au fait j'ai trouvé pourquoi il on appellé ça un POGO (rapport à la danse d'indien).
De temps en temps on est surpris par un surf d'enfer (une risée plus forte en conjonction avec une vague plus grosse que les autres). La quille alors commence à vibrer produisant des bruits d'avion et les sons de l'eau qui passent sous la coque deviennent différents comme si on faisait
des ricochets sur l'eau plac-plac-plac. Et le GPS s'affole 9, 10, 11, 12 nd et puis ça redescend à 7,2. Ce bateau est bien une coque planante si certains en doutaient.
Ce soir confit de porc du sud-ouest aux haricots verts pour fêter les 500 milles. Il nous reste encore un pot d'Axoa et une boîte de manchons de canard. Pour fêter les 300, puis les 100 milles restants. Hé non il n'y a pas que du lyophilisé à bord.
Des chiffres ? : position à 20 h 48 37°03N 38°54W à 495 milles d'Horta. 165 milles parcourus ces dernières 24 h. D'après les e-mails reçus Ann&Seb ainsi qu'Etienne ne sont pas très loin de nous (30 a 40 milles devant). Essai VHF infructueux. Ils doivent donc avoir les mêmes conditions de vent que nous. Tygwen est plus au Sud mais au moins 100 à 150 milles plus près que nous de Horta.
Dommage pour le BO Biarritz ne sera pas champion d'Europe cette année encore, j'espère au moins que le match était joli.
Cette nuit devrait se dérouler dans la continuité, on n' attend pas de modifications notoires d'ici deux jours même si ici le vent est un peu plus fort que prévu dans les fichiers. La houle aussi ne correspond pas du tout au vent que l'on a. Elle est bien plus grosse (4-5 m) et a dû se
former dans des vents beaucoup plus forts. Dans son e-mail de ce midi Ann&Seb faisait le même constat. Alors on fini par se méfier des fichiers de vents même si dans l'ensemble c'est plutot fiable.

On se prépare pour la nuit tranquillement. Tout va bien à bord.
On vous fait des grosses bises à tous en vous souhaitant une bonne reprise du boulot.
Philippe

 

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Bonjour,

On se croyait du coté des Açores, je pense qu'on est plutot sur les plateaux de Terre-Neuve. Crachin breton, brouillard (visibilité 300 m).
On commence à souffrir de l'humidité accumulée depuis 3 jours. Tout est poisseux, collant. Dire qu'il y a pas longtemps on se plaignait du soleil (jamais content). Temp. 20 ° humidité 88 % pression 1017 (ça remonte)
Le vent a sérieusement molli on est à nouveau sous grand spi qui a du mal à nous traîner à plus de 6 nd. Cap au 84 sur la route directe. La mer s'est bien calmée cette nuit mais cela reste agité.
Avec ce broullard l'impression d'isolement est plus grand. Une lumière nous a suivi pendant quelques heures cette nuit (loin) mais aucune réponse à nos appels VHF dans plusieurs langues. J'espèrais que ça serait peut être un de nos amis avec qui on échange des e-mails depuis deux semaines, ou bien un de ceux que j'ai eu en VHF cette semaine.
J'aurais des nouvelles toute à l'heure.
En attendant on taille notre route tranquillement sans forcer. 417 milles de Horta à l'heure qu'il est. Une broutille, à peine un aller- retour Hendaye/Belle-Ile/Hendaye.
Position à 10 h : 37°16N 37°17W on va commencer à se mélanger les pinceaux entre latitude et longitude.

J'espère que tout va bien à Biarritz. Ici pas de problème, pas de casse, pas de bobo. On attend le soleil avec impatience. Yves dort, peut-être aura-t-il envie d'écrire un petit article ? Il sature un peu avec les hommes des cavernes après le 4e tome.
Bises à tout le monde
Philippe



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22- Le week-end21/05/2006

 

Hier soir encore des difficultés pour accéder au blog

Voici les trois derniers messages reçus

Le B O a perdu 19 à 23 je crois, il parait que l'arbitre.......


Bonjour,

nuit un peu moins agitée que ces derniers jours sur NERE. Stabilisés par le spi, nous avons réussi à sauver un peu la moyenne : 100 milles parcourus sur la route cette nuit entre 20 h et 9 h ce matin. Nous sommes actuellement en 35°35N 43°14W à 722 nm de Horta sous spi
toujours par 15 nd de vent sur une route au 72° à 120° du vent.

Avons eu ce matin contact avec deux bateaux à la VHF (c'est le golfe du Morbihan ici !). NAUSICAA (voilier 31 pieds) du Cap d'Agde et KITIWAK (oceanis 35 pieds) de Lorient en route pour Horta également. Ils sont partis plus tôt (1er Mai) et vont moins vite. KITIWAK est en vue à 5 milles de nous mais NAUSICAA est 20 milles derrière. Transmis des nouvelles à leur familles via notre e-mail. Ambiance collante avec 85 % d'humidité, nuageux pas beaucoup de visibilité. Encore 24 h de vent portant on essaye de faire un maximum de route avec.
Les dauphins sont venus nous visiter cette nuit dans une obscurité complète (pas de lune, pas d'étoile, que du noir). On ne voyait que la trainée fluorescente des torpilles dolphinesques passant de part et d'autre du bateau. Magique, la lumière du plancton par nuit noire !
Tout va bien à bord. Humide ...

Bises à tous
Philippe

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Journée un peu morne aujourd'hui avec un temps pluvieux & brumeux.
Nous sommes maintenant plein vent arrière sous grand spi avec beaucoup moins de vent qu'hier mais une vitesse somme toute acceptable. 175 milles parcourus sur la route aujourd'hui ce qui nous place à 20 h ce soir à 650 milles des Açores.

Position 35°52N 41°55W

 

Vous êtes plusieurs à parler de sentir l'écurie mais la distance qui reste est équivalente à  Hendaye - Kinsale qui il n'y a pas si longtemps nous paraissait encore une sacré bavante (n'est ce pas Romain ?) A moins que cela ne soit de l'odeur qui règne dans bateau dont vous parlez ? Je croyais que ca ne passait pas par internet.
En fait on a été très économe en eau. Je viens de finir le premier bidon de 20 l pour rincer une petite lessive. On fait un maximum de chose à l'eau de mer (vaisselle, lessive) et on n'utilise l'eau douce que pour rincer et se laver. On a aussi tiré partie des pluies quand il y en a eu.
J'ai refait la protection d'une des 2 drisses de spi à l'aide du matériel de matelotage trouvé à bord. Demain j'attaque la deuxieme drisse. Autant laisser à Daniel un bateau en état de marche, il en aura besoin pour les 1000 milles qui lui restera à faire pour atteindre Hendaye.
Evénements de la journée : les deux bateaux contactés en VHF ce matin, un cargo à distance respectable et une troupe de 20 dauphins pendant 5 minutes. La houle qui continue à monter alors que le vent est tombé. 3 à 4 m de swell, ça plairait à Romain.
On attaque notre 3e semaine de navigation non stop. Ca passe vite tout compte fait.
Je suppose que vous êtes devant le match du BO. Peut être vais-je avoir le résultat en vous envoyant cet e-mail.

Bises à tout le monde, et bon dimanche.
Philippe
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Bonjour,

Dimanche pluvieux en perspective après une nuit sans lune ni étoile. Cela fait maintenant + de 48 h que l'on est sous spi. On avance, pas toujours sur la route mais on avance.
Nous sommes maintenant à 570 milles d'Horta.
Après s'etre éloigné d'une vingtaine de mille dans le nord de la route directe pour éviter le plein vent arrière et trouver du vent, nous reprenons la direction de Horta (empannage). Nous devons nous approcher de la dépression car le baro est à 1016 alors que ann&seb plus au sud nous annoncent une pression à 1026. Peut être ont-ils aussi du soleil parce que nous depuis hier c'est plutôt un temps à refaire les faiences de la salle de bain. Qu'en penses-tu Daniel, quelques azulejos dans ton carré, on doit pouvoir trouver cela à Horta ?
quoi ? trop lourd ! ah ces régatiers !
Vacations VHF régulières (2 par jour) avec KITIWAK qui décompte tous les jours les milles d'avance que nous prenons sur lui. Liaison radio avec NAUSICAA impossible... trop loin.
J'ai pas encore-re le résultat du match d'hier-re soir-re, putaing-cong c'est pas bon signe. Bah ! y reste encore le bouclier de Brenus-se, on va pas le laisser aux parisieng celui-là
position à10 h le 21 mai : 36°45N 40°26W.


Bon dimanche à tous, à bientot
Philippe


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21- Le jeu d'Emile miles19/05/2006

Hier soir ils espéraient passer la barre symbolique des 1000 miles de Horta, hum ça  commence  à sentir la bière de chez Peter !

Voici les nouvelles pas fraîches de jeudi :


Après de longues négociations secrètes nous avons enfin réussi à mettre à la fois le vent et les vagues dans notre camp ( au cri de "les moutons avec nous" les dernières ondulations anti-révolutionnaires ont fini par se rallier). NERE a maintenant la majorité absolue et il en profite: 8 noeuds de moyenne, pointe à 9,5 nd. Monsieur veut du gain 7 sur le pilote autrement il nous malmène. Nous voilà réduit à le regarder s'amuser avec les vagues. Heureusement notre comité de surveillance veille. Pas question de pointe à 49,3 nd ni de Cap Permanent Equilatéral (CPE).
Comme chez nous au Pays basque, assis sur la terrasse au soleil on regarde les surfeurs (enfin LE surfeur parce qu'il y en qu'un). La différence c'est que là on est SUR le surf
On a vu aussi un porte-container au loin et puis une dizaine de dauphins, des gros, bien plus gros que ceux que l'on rencontre dans le golfe de Gascogne ou en Méditerranée. On ne devait pas aller assez vite pour eux car ils ne sont pas restés plus de 5 minutes. On a eu droit quand meme à un beau saut où l'on a vu la bête en entier comme sortant de la vague d'étrave du bateau.
Il faut aussi que je vous parle des "méduses à voiles". On en croise de temps en temps. C'est une méduse qui reste à la surface de l'eau et qui déploie une sorte de demi-parapluie en dehors de l'eau afin de se faire pousser par le vent. Quelle imagination !
A l'intérieur on s'organise pour les jours qui viennent qui risquent de ressembler fortement à aujourd'hui. Train d'enfer sous voilure standard, pas de manoeuvre, du soleil mais pas moyen de sortir dehors sans se faire arroser. Arnachés dehors et bien se tenir même à l'intérieur parce que ca bouge pas mal.
On vient juste de passer la moitié du parcours et on a l'impression qu'on est près de l'arrivée. Je pense qu'avec le fichier de vent de demain on devrait  être en mesure de calculer une date d'arrivée à Horta (le 24 mai si on maintient ce train d'enfer).

Position à 19 h UTC : 33°51N 48°48W

Bises à tout le monde
Philippe

 

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Vendredi 19 à 14 h 30

 

Bonjour,

Après le ptit déj une heure à la barre pour le plaisir. Soleil, vent portant 25 à 30 nd. Vitesse moyenne 8,5 nd.
Les milles défilent, nous sommes à 900 nm de Horta. La mer grossit d'heure en heure nous propulsant dans des surfs à plus de 10 nd.
Cette nuit NERE nous l'a joué façon navette spatiale foncant dans la nuit étoilée, éclairée par le halo des écrans electroniques, tracant sa route sur l'écran pile sur la trajectoire prévue à l'heure prévue.
Et nous... petits cosmonautes dans nos combi techniques à glonflage automatique accrochés à lui par un cordon ombilical. A mille milles de toute terre habitée nous dépendons entièrement de lui, de sa solidité de sa fiabilité et de sa technologie. Derrière les 3 cm de composites on
entend les assauts furieux des vagues façon machine à laver la vaisselle.

Totomatique aussi le pilote, il en a dans le ciboulot ! Avec tous ses capteurs : vitesse et cap du bateau, angle de tangage et de roulis, vitesse et angle de vent, il calcule je ne sais combien de fois par seconde les petits coups barre à donner. Aussi bien qu'un barreur chevronné. Est ce qu'il ressent du plaisir aussi quand il voit le speedo grimper au dessus de 10 nd ? après le Gyro pilot, le tamagochi pilot.
Déja NERE il est un peu comme ça, donnant donnant : donne moi du vent je te donne des milles.
Des nouvelles des autre bateaux reçues hier soir. Ils sont maintenant comme nous, ils ont du vent et ils avancent. On croise de plus en plus de cargos et on commence à découvrir des denrées moisies (un pain de mie oublié, les crêpes bretonnes).

Voilà  tout va bien à bord.
Bises à tout le monde.
Philippe


Des nouvelles presqu'en direct ; elles sont arrivées quand je mettais le blog à jour.

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Bonsoir,

folle journée sur le plan de la vitesse. Avec un vent à plus 25 nd établi durant toute la journée nous avons effectué 192 milles sur 24 h. Pour l'instant c'est notre record. Daniel lors de la transquadra a fait une journée à 194 ce n'est donc pas le record absolu de NERE.
Record de vitesse de la journée 13 nd dans un surf.
Ca c'était les bonnes nouvelles, maintenant le fichier de vent d'aujourd'hui nous a appris que dans deux jours les vents ne seront plus favorables. Nous qui pensions finir en beauté avec l'autoroute jusqu'au bout, c'est rapé. A partir du 21 en milieu de journée il va falloir négocier des vents contraires. Il y a à nouveau de la strategie météo dans l'air. Dessus, dessous la route directe c'est aujourd'hui qu'il faut décider. C'est digne du capitaine Haddock (coke en stock).
En attendant, le vent ayant molli à15 nd on a envoyé le spi lourd.
D'après les prévisions de vent cela devrait rester stable toute la nuit. La mer par contre est restée grosse. Mauvaise surprise sur la drisse de spi, la précédente session de spi (durée 48 h) a entamé la drisse jusqu'à l'os malgré la protection mise en place par Daniel. Il nous à
fallu opérer (couper).
Croisé gros pétrolier cette après midi.
L'autre voilier toujours en vue (devant) mais pas de contact radio possible avec lui. A la place nous avons réussi à communiquer avec un bateau AMEL (15 m) qui rentre également sur Horta. Impossible de se voir car il est trop loin.
Yves prépare le souper.

Position à 20 h TU : 35°10N 45°15W distance à l'arrivée 821 nm
temp. de l'eau 17 °C (ça descend).

Bises à tous et tous nos encouragements au Biarritz Olympique pour la finale du Championnat d'Europe de rugby.

Philippe


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20- Le A de l'Atlantique18/05/2006

Clin d'oeil au monde de la BD , en tout cas ça a l'air aussi ludique

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Bonjour,

Nous voilà sur l'A saur (l'autoroute des Açores) mais non de non qu'est ce qu'elle est mal entretenue cette autoroute. C'est truffé de nids poule et de bosses. C'est sans doute les milliers de cargos qui l'empruntent en permanence qui bousillent le revêtement comme cela. En tout cas pour nous avec notre véhicule de rallye qui n'a pas d'amortisseurs ça ressemble à une piste africaine. D'ailleurs comme les pilotes du Dakar, on reste arnaché dès qu'on met le nez dehors et même souvent pour dormir. Il ne nous manque que le casque.

Depuis hier le vent a adonné fortement tout en se renforçant (20-25 nd établis). Après une réduction de voilure pour s'assurer une nuit pas trop tendue, nous libérerons maintenant les chevaux qui piaifaient d'impatience sous le capot.

Faut qu'il s'en donne à coeur joie le NERE en alignant des journées à 150, 180 milles. En fin de nuit vers 5 h on a cru pouvoir mettre le spi comme un symbole de libération après toute cette route au près. C'était super : surfs sauvages à plus de 9 nd et tout mais ... pas sur la route, il a donc fallu renoncer non sans quelques envolées lyriques qu'on appelle aussi départ au lof. Une petite heure riche en manoeuvres qui nous a permis de bien apprécier le petit déj qui a suivi.
Même en configuration standard (génois + GV) on continue à filer à 7 nd de moyenne.

Le moral est excellent même si on a réduit le train de vie : difficile de cuisiner, de jouer du banjo et de la cornemuse dans ces conditions.
Lecture, ordi et sudoku limités en durée sous peine de mal de crâne, mais on avance sur la route avec des bottes de 7 lieues et ça, ça donne le moral.

Position à 10 h UTC: 33°03N 49°49.
Milieu de la route dépassé. Il nous reste 1090 milles à parcourir jusqu'à Horta. On devrait passer la barre fatidique des 1000 milles aujourd'hui.

Reçu des nouvelles des autres bateaux hier matin. J'en aurai sans doute d'autres aujourd'hui avec cette vacation. Tygwen peinait hier dans l'est avec des vents contraires, ann & seb et Etienne sont sur nos traces sur une route nord.

Philippe et Yves




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19- Il était un petit Néré ré17/05/2006

Le petit Néré se comporte toujours bien même si les marins sont un peu secoués -dur dur la vie de matelots. La nuit a été courte:


bonsoir,
29°53 52°03 (on regresse en longitude mais on progresse dans le nord)

22:00 UTC bientôt l'heure d'aller se coucher.
Que hora es mi corazon ? il est minuit à Paris,
quelle heure est il au paradis ?(petit salut à Manu Chao)

Nous attaquons notre deuxième nuit au près serré avec un peu moins de vent et une légère adonnante qui nous conforte dans notre option Nord.
D'après les fichiers de vents reçus aujoud'hui, la dorsale promet d'être puissante (25 nd mini) mais nous serons au portant en route directe sur les Açores.

Tout va bien à bord, on cherche dans les sacs les caleçons polaires car l'eau est mainentant à 19 °C et l'air se rafraîchit aussi.

Bises à tous

Philippe
 ===> vue zoomée

 

 

Vue plus large (ils ne sont pas encore à mi-chemin)


Aujourd'hui à 16 heures :

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Bonjour,

Pas beaucoup de changement depuis hier soir, on commence à toucher les dividendes de l'option dite "du Nord". Le vent adonne régulièrement et nous venons tout juste de relâcher les écoutes (90° du vent depuis 1/4 d'heure). Pour l'instant c'est toujours très agité.

On peine un peu à trouver notre rythme biologique entre heures du jour, heure UTC et ancienne heure martiniquaise. A quelle heure faut il manger ? Un peu mal au crâne aussi.

NERE a passé le cap des 10 000 miles au loch totalisateur ( 25 nm à l'heure ou j'écris). Pas mal pour un bateau qui n'a même pas trois saisons.
10 025 - 8625 = 1400 miles parcourus depuis notre départ de Martinique, et pourtant nous n'avons pas encore franchi la marque qui jalonne la moitié de la route retour. Toujours la conséquence de notre option.


De toute façon la route directe n'est pas possible. Il reste encore 1240 miles jusqu'a Horta. On appréciera de voir ce compteur diminuer beaucoup plus vite dans un ou deux jours.

Voilà je suis maintenant initié au SUDOKU grace à Marine et Benoît qui avaient anticipé en m'offrant le Sudoku pour les nuls. J'ai entamé la première grille. C'est peut être ça aussi le mal de tête (à moins que cela ne soit le facétieux panneau de sortie à coulisse).

Position à 14h UTC : 31°24N 51°35W route au 31

Bises à tous. Philippe


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18- Révise ton cours des Glénans16/05/2006

Si tu veux mon avis, ils nous en mettent plein la vue avec leur jargon maritime.

Hier pas de blog, il  a blogué, merci à Monsieur le déblogueur qui a réparé tout ça pour nous.

Les notes de lundi avec carte mise à jour !


Bonjour,

Petit matin, temps calme ensoleillé, vent léger nous permettant de faire route quasi directe sur les Açores ... au près !

La dernière fois je vous avais laissé sur l'envoi du spi lourd qui faisait suite à presque deux jours sous grand spi avec des vitesses moyennes tout à fait intéressantes. Eh bien depuis côté météo ça a été plutot varié. Le père Eole commence à se faire vieux ou bien on est trop loin de la Grèce, mais les vents par ici ne sont pas gérés, c'est clair.

On a bien fait de mettre ce spi lourd car sous le grain il y avait quelques bonnes rafales (25-30 nd). De la pluie tropicale ensuite pendant plus d'une heure. Puis une succession de grain plus ou moins venteux mais toujours pluvieux jusqu'à minuit où devant la versatilité du vent
dans une nuit noire (ciel couvert) on a décidé d'affaler le spi. Le reste de la nuit a été très inconstant du point de vue du vent mais plutôt constant coté pluie ! Et que je te prends un ris parce que ça force et puis non il y a plus de vent du tout pendant 3 h. Dans une mer
très agitée avec 2 nd de vent on fait route au 90, puis au 50, puis au 120, puis au 330. Les voiles ne font que claquer on progresse à peine.
Bref, la nuit de galère quoi !

Le mystère du spi rouge est résolu. La VHF réparée (prise d'antenne oxydée ++), le bateau rouge qu'on voyait à peine au travers du rideau de pluie répond maintenant à notre appel sur le 16. C'est Exhibi'x le bateau de Franck Lang (également un concurrent de la transquadra). Il revient en convoyage vers les Açores après avoir fait la semaine d'Antigua. Il y a donc un cinquième copain dans l'environnement proche. Ce matin on ne le voit plus il a pris une route plus au nord. On tentera de le joindre tout à l'heure. Maintenant c'est l'heure du petit dèj.


Quelques données techniques :
position à10 h TU : 26°57N 52°22W à 1380 min de Horta (ça progresse bien).



On ne va maintenant parler qu'en heures UTC car j'ai tout passé dans cette référence (le PC, la montre, etc...). Pour les fichiers de vents cela nous donne des choses plus cohérentes avec ce que l'on observe.

Tout va bien à bord
Bises à tous
Philippe

 

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J'espère que vous avez votre cours sous la main pour décoder la première partie des nouvelles reçues ce jour. Pour la seconde, il suffit de se laisser surfer sur la vague délirante


mardi matin, 12:25 UTC

ça pas facile, comme le nom du bateau de Serge aux Antilles, le vent a tourné en masse sur toute la zone et depuis plus de 12 heures, il souffle pile dans l'axe de notre destination. Nous voilà donc au près serré avec 18-20 nd et une mer formée. Autant dire que je ne vais pas
m'étendre en long discours. L'ambiance n'est pas à la franche rigolade.

C'était prèvu de longue date par les fichiers météo mais on voulait croire qu'ils se trompaient. C'est quand même pour cela qu'on avait anticipé en montant au dessus de la route depuis quelques temps.

En tout cas il y avait une décision stratégique à prendre pour les jours qui viennent. Est-ce qu'on tire des bords en essayant de coller à la route ou est-ce qu'on fait un long bord (plusieurs jours !) du même côté en espérant une bascule. Et là les fichiers de vents à 5 jours c'est quand meme génial.
La situation météo est la suivante : un anticyclone est arrivé au-dessus de nous et se dirige vers les Açores. Les vents comme tout le monde le sait tournent dans le sens des aiguilles d'une montre autour de l'anticyclone. Si on tire des bords pour se maintenir sur notre route
ou si on reste babord amure, cela veut dire que l'on va rester sous l'anticyclone et le vent sera toujours et de plus en plus défavorable. Si au contraire on fait du tribord amure pendant deux jours on va se retrouver sur l'arrière de l'anticyclone et le vent va devenir chaque jour de plus en plus favorable jusqu'a nous porter littéralement aux Açores (on sera alors sur ce l'on appelle la dorsale de l'anticyclone). Donc pas de doute il faut partir quoi qu'il en coûte sur
le moral, à 90° de la route directe et faire confiance aux météorologues et à leur ordinateurs.

Depuis 12 h nous faisons donc une route au 345 et ne gagnons plus de degrés dans l'est mais des degrés dans le nord. 80 miles effectué cette nuit dans cette direction et nous voilà à 12:39 UTC par 29°N et 51°51W.
Les vents son variables entre 10 et 25 nd ce qui nous a entraîné à faire pas mal de manoeuvres. On a même testé l'ORC sur bas étai. A l'heure actuelle 15 à 18 nd un ris à 43° du vent route entre 0 et 10°. C'est bien car cela veut dire que la tendance de variation du vent est la bonne. Les fichiers de vent ne se sont pas trompés. Par contre, ça souffle un
peu plus fort que prévu.

La température a bien chuté elle aussi. Les polaires sont de sortie sous le ciré. En ce moment 22° dans la cabine c'est pas la mort mais comparés aux 28 d'il y a seulement 3 jours !

Ce matin au petit déj les deux tasses de café ont valsé de la table en même temps. Heureusement on avait pas encore versé l'eau bouillante mais la séance de nettoyage de grains de café lyophilisés n'était pas la meilleure entrée en matière pour la journée. Pour finir nous avons pris notre café assis par terre dans le bateau, c'est là où il y a le moins de danger de brûlure.

Allez je vous laisse car les doigts ont du mal à attraper les bonnes touches. csdfjoifzofj

Pas d'inquiétude, tout va bien à bord, le bateau se comporte à merveille (6,5 de moyenne au près dans une mer formée).

Je suppose que les trois autres bateaux font face aux mêmes conditions.
J'aurai peut-être des nouvelles ce matin.

Bises à tous
Philippe

 

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A bord de Néré 29°07 N 51°51W: Le Blog qui déblogue vous offre dans sa rubrique "Tête à tête avec", un entretien avec une personnalité importante du bord. Aujourd'hui sur notre PC : "Tête à tête avec Panneau de descente".

( musique : tintintin tintintin, tintintin tintin. Tintin tin, tintin tin , tintintin tintin, descrescendo )
Blog : Blog. P : Panneau
Blog : Bonjour Panneau, bienvenue à bord du Blog qui déblogue, comment allez-vous ?
Panneau : Ouais bonjour pas mal, c'huis content de me dérouiller la coulisse, appelez-moi Dd, mes copains m'appellent Dd pour De descente, c'est pour ne pas me confondre avec mon cousin Panneau Solaire, son surnom c'est la crème.
Blog : on a le sens de la famille chez les panneaux ?

P : ah ouais ouais, la famille c'est sacré. Mon père a terminé sa carrière Panneau central sur Gitana IV, et ma mère avant de devenir une Panneau, était Claire-voie centrale sur Pen-Duick. On a toujours été dans la marine, mais on a de la famille à terre. Pas mal à la DDE chez les Panneaux Routiers, les Panneaux d'Affichage c'est de la famille lointaine. Bon enfin, le panneau, voyez, c'huis tombé dedans quand j'étais petit. J'ai commencé Coqueron arrière sur Golif, après j'étais Panneau de Pont sur un Sangria, j'ai fait mon service comme Hublot tournant sur la passerelle du Monge et en sortant on m'a proposé Néré, de la série des Pogo 8.50. C'était une super opportunité de voir du pays avec des bouffeurs d'écoute et de milles. Papa était fier, y m'a offert mon premier cadenas en Inox, et y m'a dit : fiston, tu pars c'est bien, tu reviens, c'est bien aussi. Tu vis ta vie. Ouvres toi au monde, ne reste pas fermé sur toi même.
Blog : nos lecteurs ne connaissent rien à la marine, pouvez-vous nous parler de votre fonction à bord ?

P : ouais ben c'est un poste vachement important parce que la première chose que fais le patron en montant à bord, c'est d'ouvrir le panneau avec sa clef fétiche, celle avec le flotteur. C'est sa clef préférée. C'huis copain avec les écoutes à bord, elles ont les oreilles vachement fines, elles arrivent à reconnaître son pas sur le ponton, son humeur, ses invités, si sa femme est là tout çà, et elles nous préviennent. Si il est de bonne humeur il monte à bord, il ouvre le panneau et il dit comme ça : ça va mon grand ? Après il descend dans la cabine et comme il est de bonne humeur, on peut se permettre une petite blague : quand il remonte dans le cockpit, j'avance un tout petit peu et paf ! la tête dans le panneau. Et tout le monde rigole : les winches avec leur petit rire de cliquet, les drisses qui font cling cling, les taquets qui taquettent, on se prend des sacrés bosse de ris !
Blog : parlez nous de votre boulot.

P : ben mon boulot c'est de fermer la cabine et de protéger la descente. C'est assez technique : vous voyez les poignées là, c'est pour me fermer de l'intérieur. Là c'est quand ça
vente la peau du diable comme y disent. La fermeture est à 45°, et il faut bien se coordonner avec la descente sinon ça fuit, c'est pour ça que j'ai des joints là, et là. Le pontet dehors, c'est pour fermer de l'extérieur. Ca j'aime pas, ça veut dire que le patron s'en va. Je fais la gueule, et de toute façon quand il sort, j'avance franchement sur ma coulisse et lllààhh !, la tête.
Blog : la coulisse ? ça fait deux fois que vous en parlez, c'est important pour vous ?

P : ben si c'est important ? Mais sans coulisse la descente est toute petite, et puis ça me permet de me reposer quand je suis plus de service pour fermer la cabine. J'ai mon petit coin sous le pont, je me glisse là-dedans bien au chaud, à l'abri des embruns, et en même temps j'en profite pour coincer les doigts des équipiers. J'appelle ça faire des rillettes de doigts. La coulisse, c'est la base du métier, c'hais pas moi, le panneau à coulisse, c'est comme la capsule à paulo, la mire à d'or, le casque à pointe, un panneau sans coulisse, c'est comme une secrétaire sans trombone, un théâtre sans décors, c'est pas le pied quoi. Sans coulisse, je serais tout juste articulé, à peine ajusté, même pas assuré.
Blog : des défauts ?

Panneau : ouais ouais, c'est pas des défauts : je suis taquin, j'aime pas qu'on m'oublie. Et pis j'aime pas les bretons, ils ont la tête trop dure. Mais j'ai pas de vices, ah si, 4, mais en inox. Non je déconne !
Blog :  pour terminer, une devise ?

P : ah ouais ouais, " Tout dans la tête "


C'était " Tête à tête avec". Prochain tête à tête : Madame de La Bôme, dite " La faucheuse "
tintintin tintintin, tintintin tintin. Tintin tin, tintin tin, tintintin tintin  ......                     

Ygrecdé.
Note du typographe : si vous croyez que c'est facile de taper ce genre de conneries au près avec 25 nd de vent ! Maintenant j'attaque le roman que je porte en moi depuis longtemps, mais plus pour longtemps : "le coeur au bord des lèvres". Une grande saga indigeste. Je ne me fais pas de bile, ça va passer.

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J'vous l'avais dit !       Geneviève

 


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17- Commentaires techniques14/05/2006

En ce beau dimanche de mai, le mail de ce jour est très technique, la baleine bleue est toujours là, elle a probablement du détergent à leur donner !

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Bonjour,

Belle nuit tranquille au largue sous spi. Sous la lumière de la lune on se serait cru sur un transtlantique (et non pas une). Sur le coup de 6 h ce matin le vent a fraîchi. Il doit être maintenant aux alentours de 15 nd ce qui nous vaut quelques départs au lof à cause de l'angle au vent plutot serré (82°). On va abattre de quelques degrés pour sécuriser tout cela. Mon pote le pilote (surnom "gyro") est vraiment un as à la barre mais il lui faut du gain donc du courant et moi cela me coute du gazole (tout ce paye même ici au milieu de nulle part).

J'ai demandé un fichier de vent pour voir si on peut faire une route directe sur les Açores. Il y a deux jours ce n'était pas le cas, il fallait faire une cuillère par le sud d'où notre cap actuel au 75 alors que la route est au 50. J'attends la livraison de mon autre pote : "gribot" le robot mail de la météo américaine.

Suis en train de regarder comment passer en heure UTC pour la suite sur le PC car on ne va pas pouvoir continuer avec l'heure de la Martinique bien longtemps. Ce matin il faisait jour à 4 h.
Position à 8 h: 26°13N 54°23W à 1498 miles de Horta. Cap 75, vitesse 7nd à 90° du vent sous grand spi. Ca commence à ressembler à de la voile.

Vu à nouveau des baleines bleues (2), plus près que la dernière fois mais moins joueuses : juste un ou deux "splashhh" et plusieurs "pfuffff".

Bon dimanche à tous. On pense bien à vous.
Philippe sur NERE pour France Inter.


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16- La baleine bleue....13/05/2006

En prime deux mails du week-end.

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14 h : enfin nous voilà sous spi, cela fait un petit moment que l'on attendait cela. Bien avancé ce matin avec un 10-15 nd constant à 60° de vent apparent. Le vent vient de mollir en tournant de 30 à 40° ce qui devient spiable. Nous en avons normalement jusqu'à demain soir comme cela suivant le fichier météo, voire plus.

A cinq jours, cela s'annonce plutôt bien. Je me méfie quand même car nous sommes encore dans le système météo un peu complexe du haut de l'arc caraïbe.

Notre position à 14 h : 25°05N 57°43W

Tout se passe bien à bord. Pas de casse, pas d'usure. Grâce à la pétole nous n'avons même pas eu à recharger les batteries depuis hier matin. Le panneau solaire donne à fond.

On vient d'ouvrir la première boîte de confit de canard. Royal avec les patates (en boîte) revenues dans la graisse. Je ne regrette pas de les avoir trimbalées jusqu'en Martinique.

Nous avons pu observer ce matin pendant une demi-heure les gerbes d'eau produited par une grosse baleine située environ 5 à 6 miles derrière nous. A la jumelle on pouvait voir son corps massif (gris-noir) sortir de l'eau et de temps en temps c'est la queue (typique) que l'on distinguait. Des gerbes d'eau toutes les 2 à 3 minutes et puis aussi le puissant jet d'eau vers le haut. Magnifique ! Même si c'était un peu loin.

On commence à travailler un peu la musique (pas très facile quand ça bouge).

Pas de nouvelles de Tygwen à la dernière connexion iridium, peut être en envoyant ce mail ci.

C'est vendredi soir pour vous, alors bon W.E.
On pense bien à vous.

Philippe et Yves

 

________________________________________________________________________bonjour,
Message reçu samedi :


il est 9 h à l'heure de la Martinique, mais les degrés vers l'Est diminuant, le soleil s'est levé une heure plus tôt qu'aux Antilles. Il va falloir qu'on passe en heure Zoulou (l'heure du fuseau horaire traversé).
Position : 25°31N 56°30W vent S 7nd sous spi à 80° du vent.

La lune est pleine et les nuits sont si claires qu'on pourrait presque lire sans lampe. La Grande Ourse nous fait un looping toutes les nuits autour de sa polaire.

Comme la veille, le vent nous a lâché hier vers 16 h. Tout petit air jusqu'a 2 h cette nuit. On a vraiment du mal à s'extraire de cette zone de vent à éclipse. En fait, la bulle sans vent avance devant nous et du coup constitue toujours un mur de 200 miles infranchissable dès qu'on la
rattrape.

Heureusement, depuis 2 h du mat nous pouvons avancer sous spi à 4-5 nd de moyenne ce qui sauve la mise. Difficile à dire de quoi sera faite la journée. Malgré les fichiers de vent, il est difficile de mettre en place des stratégies car elles sont systématiquement ruinées par des calmes complets où l'on n'avance pas à plus de 1 nd.
On a tout essayé pour avancer (sauf pousser le bateau à la nage). La négociation avec la baleine bleue d'hier pour nous déhaler a rapidement tourné court. Elle nous a répondu avec son accent zozotant "fa non !". De toute façon elle cherchait de l'eau pour nettoyer tous ses tuyaux.

J'ai retiré un kilo d'algues coincées sous le safran (0,5 nd de gagné). Pour finir par vent très léger la meilleure voilure s'est avérée être le spi seul avec écoute légère (grand-voile affalée).

Le speedo semble un peu pessimiste (-1 à -0,5 nd). Peut-être des berniques ?

Reçu des nouvelles de Tygwen et Ann&seb. Ils sont comme nous à se battre avec les petits airs, auraient ils épuisé leur quota de gazole ?

Yves est à quatre pattes en train de faire le ménage après la vaiselle du confit de canard qui a nécessité un peu d'eau chaude.

A bientôt
Philippe


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15- Ils préparent le week-end12/05/2006

Ils font moins les fiers maintenant que le vent les a laissés tomber ! Ils peuvent réviser la manoeuvre de l'homme à la mer ou se plonger dans les oeuvres complètes de Freud, c'est bon pour l'examen de sortie.

 --------------------------------------------------------------------------------------------Bonjour,

6h du matin, je me lève pour prendre mon quart.
Depuis mon dernier mail en recherche désespérée de vent, la situation s'est améliorée. Nous avons touché toute la nuit des petits airs nous permettant de progresser sur notre route.
40 miles effectués depuis hier soir ! On reprend espoir de sortir du piège météo.

Position à 6 h : 24°40N, 58°16W. vent SE 8 nd, mer plate. Route 60.

J'attends la position de Tygwen et Ann&seb qui ne vont pas manquer de me les envoyer ce matin.

NERE qui glougloute de nouveau vous envoie le bonjour à tous.

Philippe


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14- Les deux marins du père Janiel11/05/2006

je crois bien que les deux loulous sur le Néré ont des copines en relation avec le monde éducatif, ils y connaissent un rayon surtout dans le vocabulaire

Voilà pour vous les suiveurs à terre les notes de nos cocos  Gene



Le jeune pré-délinquant Yves D. embarqué sur NERE en alternative à la prison a souhaité s'exprimer dans l'atelier d'écriture après environ deux semaines de navigation. Il nous délivre avec ses mots à lui son analyse de la philosophie minimaliste du régatier qu'il a intégrée très rapidement.
Cette méthode d'éducation est vraiment très bénéfique, il progresse rapidement et me laisse espérer une levée de la mesure dès l'arrivée.
Bien sûr pour l'éducateur-skipper c'est une autre affaire. Je l'ai déja repêché deux fois alors qu'il voulait rentrer dans les îles à la nage et ça fait trois fois que je recupère mon baladeur mp3 dans son sac. Le pétage de plombs n'est jamais très loin. Sa dernière marote : apprendre la cornemuse, mais ça je vous en parlerai plus tard.

Très éducatif : hier nous avons rencontré une enorme masse graisseuse blanche et marron de 6-7 m de long flottant à la surface. Une baleine en décomposition (on distinguait encore l'évent). L'eau quasi transparente permettait de voir de magnifique dorades coriphènes (bleu marine avec la queue jaune) tournant autour de la dépouille. Si on avait percuté cela en pleine nuit je te dis pas le coup de frein et l'odeur sur le bateau !

Infos pratiques: pos à 9 h locale 24°00N, 59°07W vent 4 nd E-SE, météo capricieuse prévue toute la journée. Pour l'instant on arrive à se faufiler à petit vitesse entre les zones sans vent. Ca ressemble à de la régate entre Hendaye et Guetaria au mois de Mai. On en espérerait presque un petit coup d'embata.
Côté pêche, on a bien attrapé une grosse dorade coriphène mais elle a cassé la ligne (pour Daniel, celle avec le rapala) en faisant des bonds dignes d'un thon hors de l'eau. Le bas de ligne etait de grosse section mais pas le haut. L'élastique mis en amortisseur n'a pas suffit à empêcher la rupture.
Tout va bien à bord.



Le texte du jeune Yves :

Maman : ça y est maman, on est partis. Notre bateau : le  Nere, du père Janiel a quitté la Martinique et notre aventure commence. Je regrette pas d'avoir accepté la proposition du juge d'application des peines qui m'a permis d'être aujourd'hui sur ce bateau.

Quand je pense qu'en prison on était à deux dans des cellules de 20 m² avec les tinettes dans la même pièce ! Ici, on a de la place, enfin, autour du bateau quoi, et les wawa à part. On nous a dit que la gardien chef y s'appelle H2O, et que des fois les punitions sont salées, mais il est vachement discret, on l'a pas encore rencontré.

Pour nous le programme est un peu vague : ils ont dit que c'était une expérience sur notre
capacité à être autonome :
C'est plus au début que ça surprend parce que déjà y'a pas de barreaux aux fenêtres, mais vu la taille des fenêtres, tu rigolerais, y'en a pas besoin. On a tout ce qu'il faut comme à la ferme de l'académie de Kolanta : un grande cuisine avec pleins d'ustensiles, mais pas de frigo pour la pédagogie de l'expérience de l'autonomie. Tu verrais, on a aussi de l'eau pédagogique, dans des bouteilles de 5l avec un goulot énorme, qu'il faut verser dans des bouteilles de 1,5 l avec un tout petit goulot, pendant que le bateau bouge,  mais nous on a  été malins, on a acheté un entonnoir en cachette du moniteur. Et aussi pour bien apprendre l'autonomie, on a une seule casserole comme çà si on la perd, on comprendra mieux l'importance de faire attention à des petites choses toutes simples.

D'ailleurs avec Philippe on a décidé de pousser l'expérience à fond et on a jeté tout ce qui était en double pour bien apprendre l'autonomie. Plein de trucs inutiles : les manivelles des trucs là, à tourner les cordes à vent. Les voiles en trop, mais y'en avait , y'en avait. C'est fou ce que les marins peuvent entasser, ils ne sont vraiment pas autonomes tu sais. En plus maintenant on a de la place à l'intérieur et on a encore découvert des choses en trop : des matelas, des cordages, pleins de vêtements. Et le moteur ! sur un bateau à voiles ! Et l'autonomie alors ? Le gars qui l'a acheté avait l'air content, pourtant 500 € ça fait une somme ! Il est reparti en criant yeah man, jycroapa . C'est du créole, totalement incompréhensible. Ces gens sont si faciles à berner !

Avec ça on a investi dans l'autonomie : comme on a bien vu qu'on serait pas bien autonomes sur la bouffe, on s'est fait livrer par traiteur, c'est le père Janiel qu'a dit que la nourriture, il s'en chargeait. N'empêche qu'on a bien fait parce que pour les langoustes, les homards, le foie gras, tout çà, les vins qu'on savait pas lesquels prendre, on n'était pas autonomes quoi, alors on a fait simple : l'autonomie, c'est la sim-pli-ci-té qu'y nous répète toujours le père Janiel, alors on a pris que du champagne. De la veuve Clico. Enfin je sais pas comment ça s'écrit, je suis pas Doc Gyneco. Comment elle est trop bonne ! Et ça nous coûtait. Enfin, pas autant qu'au père Janiel.
Et t'aurais vu, tous les matelas qu'y avait ! On n'est que deux, et on dort jamais en même temps ! Allez, hop, dehors les matelas, autonomes eux aussi, y'a pas de raison. Pareil avec le truc là qui remplace le volant : la barre. Y'en avait deux , non mais j'hallucine grave, tu vois ta bagnole avec un volant de secours. Le mât, rien à dire, mais on a vu des bateaux, des beaux bateaux pourtant, pas autonomes du tout hein, avec deux mâts. Comment que j'irais bien te les aider à êtres autonomes ceux-là.
Et pour être encore plus autonome, on a tout donné les appareils électroniques inutiles qui rendent les gens moins automenome, ou plus dépedendedans. On a juste rajouté un truc important auquel personne avait pensé même le père Janiel : une télévision grand écran plasma avec home cinéma, je te dis pas les 18 haut-parleurs dans le barnum, ça pète l'enfer.
En ce moment on regarde un document sur l'autonomie de la Bretagne, tu verrais çà, on pourrait presque toucher l'hermine, on a envie de cueillir l'ajonc, la Fougère, le Clisson, tout ça.

Voilà maman, tu ne t'inquiètes pas, je vais bien, et si tu vois le juge d'application des peines, tu lui demandes les papiers pour le stage de plongée du commandant Costaud. On aura de l'avance. Devine pourquoi ?

Bisous M'man, je t'aime   Yves


PS : si on disparaît, moi je veux être inçiNere.
Pour Claudie : As-tu transmis l'adresse du blog à : Gérard, Claude, Yves Nouhin, Didier, Didier Pezzo, JP Martin de la résidence de Pornichet.... je crois que c'est tout.


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13- Chers parents, à la colo on s'amuse bien10/05/2006

Aujourd'hui c'est atelier écriture, le petit Néré envoie une carte postale à son papa et sa maman.


Bonjour Daniel et Maria,

Je suis le moniteur de votre enfant chéri que vous avez envoyé en colonie de vacances chez nous. Je crois que l'on peut dire qu'il est très heureux ici avec nous. Grâce à un vent très régulier de 10 à 17 nd maximum depuis plus de deux jours et deux nuits, il nous montre beaucoup de joie de vivre en caracolant au près serré à 6 nd de moyenne. Il adore ce jeu du petit cheval à bascule sur les vagues et glougloute de plaisir en permanence.

 

Depuis deux jours quasiment aucune manoeuvre à faire à part quelques réglages d'optimisation de vitesse et un ris quand cela force trop. Pas une seule avarie ni de pb technique à signaler, c'est parfait.

La vie s'organise en mode penché à 20°. Quarts de 3 h commençant à 21 h, petit déj de 6 à 7 h, repas en commun à 12 h et 18 h (juste avant la nuit). Veillée au coin du feu (de route). J'ai fini le Da vinci code, l faudra que j'aille faire un tour au Louvre la prochaine fois que je monte à la capitale, j'ai planqué un truc la-bas mais maintenant tous le monde le sait et il faut que je le change d'endroit.

Ces deux jours tranquilles nous ont permis de nous reposer, de nous laver, de tester la réception des cartes météo avec la BLU, d'écouter un peu de musique et d'avancer dans nos bouquins respectifs. La vie de pacha... La température se fait plus clémente surtout celle de l'eau qui du coup climatise l'intérieur.

Quelques essais de pêche (infructueux).

On fait tourner le moteur 2 fois par jour pendant 1 h quand la tension de batterie atteint les 11,7 V. Passant beaucoup de temps à l'intérieur pour se protéger du soleil on laisse le mer-veille (détecteur de radar) en marche en permanence. D'ailleurs il détecte très bien les émissions du téléphone iridium !

De fait nous n'avons vu qu'un seul bateau depuis notre départ d'Antigua et encore c'était tout à fait à l'horizon. Nous sommes donc seuls de chez seuls depuis 4 jours (sauf que l'on reçoit vos mail, ca fait du bien). Pour l'instant ça n'est pas lourd, on aimerait juste voir un peu plus d'animaux (oiseaux, baleines, dauphins).

La situation météo n'est pas très facile. Nous n'allons pas pouvoir éviter demain une zone de calme. D'une simulation à l'autre la route optimale nous indique d'aller le plus vite possible vers le Nord un jour et vers l'Est le lendemain. Le vent de toute facon est pile dans l'axe de la route. Ce qui est sûr c'est que ça serait un peu idiot de virer car on aurait l'impression de rebrousser chemin sur l'autre bord avec un cap au 170. Pour l'instant on profite des adonnantes qui nous permettent de continuer a grimper au Nord tout en gagnant progressivement des degrés à l'Est. On est quand même à près de 400 miles d'Antigua, ce qui fait une moyenne de plus de 100 miles par jour. Pas trop mal étant donné les zones de calme et les détours que l'on a fait.

On a des poursuivants (Tygwen et deux autres bateaux), il nous communiquent tous

les jours leur position pour nous mettre la pression. En fait on sait bien qu'ils en veulent à notre cargaison de rhum alors on fuit devant le plus vite possible. Pour l'instant ils ont pris à peu près la même option que nous mais sont 2 degrés plus à l'Est.

 

Grosse bise à tous.

Philippe


Voici donc en image, la position du convoyeur de rhum et du bateau pirate dans son sillage

 


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